Un sage recul

Le Gouvernement et par effet ricochet la Direction d’EDF viennent de rétropédaler sur la réorganisation de l’entreprise telle qu’ils l’avaient envisagée. L’Alliance CFE UNSA Énergies prend note de ce report raisonnable, mais rappelle qu’il y a encore et toujours de vrais sujets de fond à traiter.

Car si la nouvelle peut nous satisfaire en tant que défenseurs du modèle intégré du Groupe EDF, elle ne solutionne pas sa sous-capitalisation et sa sous-rémunération.

Soyons lucides … et fiers : si la réforme d’EDF est reportée, c’est bien grâce à la mobilisation des salariés et des organisations syndicales.

Convaincus depuis deux ans que le projet Hercule est une mauvaise solution à un problème mal posé, nous n’avons eu de cesse de pointer les incohérences entre ce projet et le droit européen. Pour autant, au printemps 2021, le Gouvernement, jusqu’alors sourd aux arguments rationnels, se disait proche d’un accord avec la Commission européenne. Nous savons désormais que ce n’était que du bluff !

Aujourd’hui, tout le monde (ou presque) se félicite de l’annonce de ce revirement. Pour autant, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Sorti par la porte, Hercule peut revenir par la fenêtre.

D’ailleurs, notre PDG ne s’est-il pas empressé de dire qu’une réforme d’EDF est toujours bel et bien nécessaire ?

Dans ce contexte renouvelé, l’Alliance CFE UNSA Énergies confirme son analyse :

– oui, il faut traiter le dossier de l’AReNH,

– oui, il convient de solder les contentieux autour des concessions hydroélectriques,

– oui, les finances doivent être assainies,

– mais non, Hercule n’est pas LA solution !

Face à un calendrier qui se « détend », l’Alliance CFE UNSA Énergies exige une nouvelle fois l’ouverture d’une concertation large, honnête et sincère pour dessiner l’avenir d’EDF.

Au-delà de la victoire du jour, nous mesurons le chemin qu’il reste à parcourir pour parvenir à redonner à EDF les moyens de ses ambitions, mais pas n’importe comment : l’Alliance CFE UNSA Énergies veillera à ce que l’actionnaire majoritaire ne force pas EDF à commettre de nouvelles erreurs stratégiques majeures.

Le spectre d’Hercule s’éloignant, il convient maintenant d’amener Gouvernement et Direction, nonobstant les échéances électorales de 2022, à agir dans les plus brefs délais pour réévaluer le prix de l’AReNH et recapitaliser l’entreprise, conditions indispensables à la pérennité et au développement du Groupe.